Page:Nerciat - Contes saugrenus, 1799.djvu/42

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gereuse) Mr. le Comte, retirés vous……… o… ôtés-vous, dis-je !… (Il n’est plus tems : le tempérament a trahi Mlle. Desaccords. Elle est pleinement au pouvoir du Comte ; et comme, ses vices à part, il est une fort jolie créature, elle en est quitte pour feindre un évanouissement, afin de pouvoir jouir innocement de la bonne fortune impromptue que son étoile lui procure

Le Comte. (l’affaire faite) Cela ne vaut-il pas mieux que de se tirer les yeux hors de la tête ?…

Pendant qu’il dit cela Mde. de la Grapinière, nue comme le visage, entre et peut encore voir grouppés les étranges disputeurs.

Mde. de la Grapinière. (sans beaucoup de colère.) Je vois là vraiment de jolies choses ! Il me semble, Mademoiselle, que vous pouviés fort bien donner ailleurs vos rendés-vous.

Mlle. Desaccords. (les larmes aux yeux.) Il me semble, Madame, que vous devriés avoir des domestiques plus vigilans, et qui ne laissassent point entrer dans votre appartement des gens de mauvaise compagnie, pour qu’une fille honnête y reçoive la plus ignominieuse insulte… (on apporte le déjeuné de Madame.)

Le Comte. (se rajustant) Pour le coup elle a raison, Madame ; je viens de la violer[1]

Mde. de la Grapinière. Eh ! Monsieur, est ce qu’on viole ! allés conter ces sottises à une pensionnaire de couvent.

Le Comte. Violer, Madame, c’est la pure vérité… Tenés pour vous convaincre… (Il se jette au corps de Mde. de la Grapinière.)

Mde. de la Grapinière. Au secours, ma chère Desaccords !

  1. Malgré sa colère Mlle. Desaccords n’a pas laissé de recevoir à la porte du salon le déjeuné, et de le placer devant Mde. de la Grapinière.