Page:Nerciat - Contes saugrenus, 1799.djvu/86

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La Ricanière. Je ne prétends pas, mon cher Diavolo, te faire rendre gorge, garde ce que tu as bénéficié sur ton voyage et parlons d’autres choses…

Diavolo. (à part) Voilà mon pour boire payé ! (haut) J’écoute.

La Ricanière. J’avais grand besoin de toi, pour épancher dans ton cœur les ennuis du mien…

Diavolo. Grand merci ! Vous me destinés donc à être votre pot de chambre sentimental ! Bel emploi vraiment.

La Ricanière. Trêve aux réflexions, et m’écoute… J’ai battu le pays avec soin pendant ton absence. J’ai bien découvert par-ci par-là quélques femmes qui pourraient valoir la peine, que je leur tendisse mes filets ; mais…

Diavolo. Vous me faites trembler ! allés-vous m’apprendre que vous commencés à changer de religion ?…

La Ricanière. Encore une fois Monsieur Diavolo, je ne veux point être interrompu.

Diavolo. J’écoute.

La Ricanière. Après avoir bien pesé le pour et le contre de toutes les liaïsons qu’il me serait possible de former dans cet arrondissement, je n’ai rien trouvé qui pique autant ma curiosité que certaine Jannette, la fille unique du fermier de la métairie du mont…

Diavolo. Je connais la donzelle, il n’y a rien à faire là pour vous, Monsieur, il y a, de ma connaissance, deux… trois grands obstacles à votre fantaisie…

La Ricanière. Des obstacles, Mr Diavolo ! (séchement) Vous devriés savoir que je n’en reconnais point…

Diavolo.