Page:Nerciat - Félicia.djvu/309

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table. Je m’informai soigneusement auprès des domestiques et les gagnai par des présents. Un seul avait connaissance du sort de ma fille ; il voulut bien m’en éclaircir, à condition que je me contenterais de ce qu’il croirait pouvoir me confier et que je n’exigerais rien de plus. Je promis, je jurai. Il m’apprit que cette chère enfant avait été transférée, par lui-même, dans un hôpital d’orphelins sans aveu, mais il me fut impossible de lui faire nommer l’endroit. Cependant il me tranquillisa beaucoup en réassurant que, soit qu’il continuât de servir chez moi, soit qu’il changeât de condition, il aurait soin de me donner, au moins une fois l’année, des nouvelles de ma fille, qu’il ne perdrait point de vue. En effet, aussi exact à sa parole envers moi qu’envers M. de Kerlandec, qui lui avait fait jurer un secret inviolable sur le séjour qu’habitait mon enfant, il m’en donna des nouvelles pendant douze années consécutives. Depuis ce temps, je n’ai plus su ce qu’était devenu mon homme. Cependant, milord, quand je vous retrouvai, je pouvais encore supposer que notre fille existait ; mais épouse de M. de Kerlandec encore vivant…




CHAPITRE XXIV


L’un des plus intéressants de l’ouvrage.


Ce récit ballottait continuellement Sydney entre l’espérance et la crainte : nous écoutions avec le plus vif intérêt. « Enfin, ajouta Mme de Kerlandec, quelque temps après la mort de mon mari, j’eus le bonheur de trouver dans ses papiers la note du lieu qui avait recelé si longtemps l’objet de ma tendresse et de mon inquiétude. C’était à P… »

Elle nommait l’endroit où j’avais été nourrie : je tressaillis. Sylvina fit de même un mouvement de surprise ;