Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/516

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
142
LES APHRODITES


La Durut. — Approchez, Violette ; voilà monsieur qui veut bien mettre fin à vos peines.

Violette (se jetant dans les bras de madame Durut). — Ah ! maman.

La Durut. — Petite folle, c’est à lui qu’il fallait courir.

Violette (tenant encore madame Durut embrassée, promène sur le marquis un regard examinateur, mêlé de crainte et d’espoir). — Monsieur, que je n’ai jamais vu, pardonnera…

Le Marquis (à madame Durut). — La friponne veut d’abord me juger.

En même temps, Violette s’élance avec

    seline rayée, par-dessus une chemise de toile de Hollande. Tendron pétillant de fraîcheur et de santé ; petit front à sept pointes, yeux médiocrement grands, mais volcaniques, larges prunelles noires, sourcils tracés comme au pinceau ; fossettes aux joues et au menton, couleurs d’une extrême vivacité ; joli méplat au bout d’un petit nez en l’air ; dents courtes, merveilleusement rangées, et de l’émail le plus sain ; légère dose d’embonpoint ; gorge naissante, fière et boudeuse, de neige sillonnée d’azur ; fossettes rosées partout où il est joli d’en avoir ; petons et menottes du plus agréable modèle ; motte relevée, déjà duvetée de filets d’ébène, mais rares et doux : ce qu’on ne peut apercevoir qu’après avoir démuselé la plus mutine de toutes les moniches de l’hospice. Cette cérémonie n’aura lieu qu’à propos ; maison ne veut pas faire languir le lecteur.