Page:Nerval - Voyage en Orient, II, Lévy, 1884.djvu/305

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APPENDICE.

tion domestique. Il a déjà été dit qu’ils descendent de diverses races arabes qui se fixèrent en Égypte à différentes époques ; la distinction des tribus est encore observée par les habitants de tous les villages. L’espace du temps a fait que chacune des tribus originaires s’est divisée en branches nombreuses ; ces petites tribus ont des noms distincts, et ces noms sont souvent donnés aux villages ou au district qu’elles habitent. Celles dont l’établissement en Égypte est le plus ancien ont moins retenu des mœurs des premiers Bedawees, et la pureté de leur race a été mélangée par des mariages réciproques avec les Cophtes devenus prosélytes de la foi mahométane, ou avec leurs descendants : ce qui fait qu’elles sont méprisées dans leurs tribus plus récemment établies dans le pays ; celles-ci les appellent Fellaheen et s’arrogent la dénomination d’Arabes ou de Bedawees. Lorsque ces derniers convoitent les filles des premiers, ils n’ont aucune répugnance à les épouser ; mais jamais ils ne permettent le mariage de leurs filles avec ceux qu’ils appellent Fellaheen. Si quelqu’un des leurs est tué par un individu appartenant à une tribu inférieure, pour le venger ils tuent deux, trois et même quatre personnes de cette tribu. L’homicide est ordinairement puni par la mort de quelqu’un de la famille du meurtrier, et, lorsque l’homicide a été commis par une personne d’une tribu autre que celle de la victime, il en résulte souvent de petits combats qui deviennent souvent des guerres ouvertes entre les deux tribus et dont la durée est souvent de quelques années. Une légère insulte, faite par un individu d’une tribu à un membre d’une autre tribu, a souvent les mêmes conséquences.

Dans beaucoup de cas, la vengeance par le sang a lieu un siècle ou davantage après le meurtre commis, si l’un ou l’autre individu la réveille après qu’un si long espace de temps semblait l’avoir fait oublier. Il y a dans la basse Égypte deux tribus, Saad et Haram, qui se distinguent par leurs combats et leur rancune (il en est de même des Keys et des Yemen de la Syrie) ; de là vient qu’on donne ces noms à des personnes