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APPENDICE.

supportent quelquefois deux, trois, quatre ou cinq de ces fanaux, qui jettent une vive lumière sur le passage de la procession. D’autres personnes portent des lampes, et les amis du marié des cierges allumés et des bouquets. Si le mari est assez à son aise pour le faire, il prend ses arrangements de façon que sa mère puisse demeurer avec lui et sa femme, afin de veiller à l’honneur de celle-ci et au sien. C’est pour cela, dit-on, que la belle-mère de sa femme est nommée hama ; ce qui veut dire protectrice ou gardienne.

Quelquefois, le mari laisse sa femme chez la propre mère de celle-ci, et paye l’entretien de toutes deux. On croirait que cette manière d’agir devrait rendre la mère de la mariée soigneuse de la conduite de sa fille, ne fût-ce que par intérêt, pour conserver la pension que lui fait le mari, et empêcher que celui-ci ne trouve un prétexte pour divorcer. Mais il arrive trop souvent que cet espoir est trompé.

En général, un homme prudent qui se marie craint beaucoup les rencontres de sa femme avec sa belle-mère ; il tâche d’ôter à celle-ci toute occasion de voir sa fille, et ce préjugé est si enraciné, que l’on croit beaucoup plus sûr de prendre pour épouse une femme qui n’a ni mère ni proche parente : il est même défendu à quelques femmes de recevoir aucune amie du sexe féminin, si ce n’est celles qui sont parentes du mari. Cependant, cette restriction n’est pas généralement observée.

Comme nous l’avons dit plus haut, les femmes habitent le harem, partie séparée du domicile des Égyptiens ; mais, en général, celles qui ont le titre d’épouses ne sont pas considérées comme prisonnières. Elles ont ordinairement la liberté de sortir et de faire des visites, et elles peuvent recevoir presque aussi souvent qu’elles le désirent la visite des femmes leurs amies. IL n’y a que les esclaves qui ne jouissent pas de cette liberté, à cause de leur état de servitude qui les rend soumises aux épouses et aux maîtres.

Un des soins principaux du maître en arrangeant les appartements séparés qui doivent servir à l’habitation de ses femmes,