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APPENDICE.


VII — CÉRÉMONIES DES FUNÉRAILLES


Lorsqu’un mahométan, savant ou pieux, sent la mort approcher, quelquefois il fait l’ablution ordinairement en usage avant la prière, afin qu’en quittant la vie, il soit en état de pureté corporelle ; puis, en général, il répète sa profession de foi, en disant : « Il n’y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète. » Un musulman partant pour une expédition guerrière ou pour un long voyage, surtout s’il doit traverser le désert, emporte ordinairement son linceul. Dans ce dernier cas, il n’est pas rare que le voyageur soit obligé de creuser lui-même sa fosse ; car souvent, exténué par la fatigue et les privations, ou succombant sous le poids de la maladie, si ses compagnons de voyage ne peuvent s’arrêter pour attendre sa guérison ou sa mort, il fait son ablution avec de l’eau si c’est possible, ou bien, ce qui est permis, à défaut d’eau, avec du sable ou de la poussière ; puis, s’étant creusé une tranchée en forme de fosse, il s’y couche enveloppé dans son linceul ; après cette cérémonie, il se recouvre, sauf le visage, avec le sable extrait de cette fosse, et, dans cet état, il attend la mort qui doit mettre fin à ses maux, abandonnant au vent le soin de combler entièrement le lieu de sa sépulture.

Si la mort frappe un des ulémas éminents du Caire, les muezzins du Azhar et ceux de plusieurs autres mosquées annoncent cet événement en psalmodiant du haut des minarets le cri appelé Abrar, d’après certains versets du Coran, dont la psalmodie est en usage pendant le Ramazan.

Les cérémonies observées à l’occasion du décès et de l’enterrement d’un homme ou d’une femme sont à peu près semblables. Lorsque le râle ou d’autres symptômes indiquent la mort prochaine d’un homme, une des personnes présentes le tourne de façon à ce qu’il ait la face dans la direction de la Mecque, et lui ferme les yeux. Même avant qu’il ait rendu l’âme, ou un moment après, les hommes qui se trouvent là