Page:Nichault - Le Faux Frère.pdf/223

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départ, dont elle craignait tant l’effet sur sa mère, ne désespérait qu’elle seule.


XXV


Le danger maintient les forces ; mais lorsqu’il n’est plus urgent de cacher sa douleur, il est rare qu’on n’y succombe point. Tant d’agitations altérèrent la santé de Céline ; elle fut obligée de rester au lit plusieurs jours. Sa mère en conçut une vive inquiétude, et la crainte de l’augmenter rendit à Céline cette espèce de volonté qu’il faut pour guérir. Elle avait déjà repris ses occupations ordinaires ; seulement elle était languissante. On mettait cette disposition sur le compte de la convalescence, et comme elle ne se plaignait pas, on la croyait tranquille.

Madame de Lormoy parlait souvent du retour de son fils, sans s’apercevoir de l’oppression qui accablait sa fille chaque fois qu’elle disait : Mais qui peut le retenir si longtemps ? Pourquoi Léon ne nous écrit-il point ? Un jour qu’elle venait de recommencer cette question, Céline, embarrassée d’y répondre, prend le journal qu’on apportait, s’approche d’une fenêtre, et