Page:Nichault - Un mariage sous l empire.djvu/244

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et peut-être plus encore ; car elle n’osait prévoir dans quelle disposition il reviendrait. Mais une attaque violente de goutte mit les jours de M. de Montvilliers en danger, et les médecins ayant décidé que le froid de la campagne pendant l’arrière-saison lui serait funeste, Ermance le détermina à venir s’établir chez elle à Paris. Mélanie devait le suivre, et le président, pour qui la présence de sa nièce et les soins qu’il en recevait étaient devenus un besoin du cœur, quitta son vieux manoir sans regret.

De retour à Paris, Ermance, toute aux soins qu’exigeait la santé de son oncle, ne voulut recevoir qu’un petit nombre de personnes. Madame de Volberg et mademoiselle Ogherman, revenues en même temps qu’elle de la campagne, venaient la voir assidûment, et Natalie laissait souvent madame de Volberg se choisir une autre compagne pour aller à la promenade ou au spectacle, afin de consacrer sa journée à Ermance. Cependant son père ne lui permettait de rester longtemps à Paris que pour y voir les théâtres, les fêtes qui y attirent les étrangers, enfin tous les enchantements qui font le sujet des conversations, de retour dans sa patrie. Mais elle leur préférait une intimité agréable, le plaisir de faire quelquefois de la musique avec Ermance, de mêler leurs voix douces et mélancoliques en chantant les nocturnes de Blangini, et, plus encore, celui de jouer avec Léon, qui lui tendait ses petits bras du plus loin qu’il l’apercevait.

M. de Maizières rencontrait souvent Natalie chez madame de Lorency, et, comme il la trouvait fort aimable, il ne manquait jamais d’en parler avec enthousiasme chaque fois qu’il se trouvait avec le comte Albert ; mais ce qui l’empêchait de traiter ce sujet aussi longuement qu’il l’aurait voulu, c’était la manière dont M. de Sh… renchérissait sur les éloges qu’il faisait de Natalie.

— Ah ! si vous la connaissiez comme moi, disait-il, vous sauriez à quel point elle dépasse tout le bien qu’on en pense ! c’est un être angélique ! Nous avons été élevés ensemble ; sa mère était parente de la mienne ; elle lui a, pour ainsi dire, légué sa fille, et j’ai pour elle toute la tendresse d’un frère.