Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/280

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



— au delà, dans les lointains avenirs que nul rêve n’a vus, dans les midis plus chauds que jamais imagier n’en a rêvés : là-bas où les dieux dansants ont honte de tous les vêtements : —

— afin que je parle en paraboles, que je balbutie et que je boite comme les poètes ; et, en vérité, j’ai honte d’être obligé d’être encore poète ! —

Où tout devenir me semblait danses et malices divines, et le monde lâché et effréné et se réfugiant vers lui-même : —

— comme une éternelle fuite et une éternelle recherche de soi-même de dieux nombreux, comme un bienheureuse contradiction de soi, une répétition et un retour vers soi-même de dieux nombreux : —

Où tout temps me semblait une bienheureuse moquerie des instants, où la nécessité était la liberté même, qui se jouait avec bonheur de l’aiguillon de la liberté : —

Où j’ai retrouvé aussi mon vieux démon et mon ennemi-né, l’esprit de lourdeur et tout ce qu’il il a créé : la contrainte, la loi, la nécessité, la conséquence, le but, la volonté, le bien et le mal : —

Car ne faut-il pas qu’il y ait des choses sur lesquelles on puisse danser et passer ? Ne faut-il pas qu’il y ait à cause de ceux qui sont légers et les plus légers — des taupes et de lourds nains ?

*
*           *


3.

C’est là aussi que j’ai ramassé sur ma route le mot de « Surhumain » et cette doctrine : l’homme est quelque chose qui doit être surmonté,