Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/187

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Et ceci est le récit de la conversation de Zarathoustra avec le chien de feu :

La terre, dit-il, a une peau ; et cette peau a des maladies. Une de ces maladies s’appelle par exemple : « homme ».

Et une autre de ces maladies s’appelle « chien de feu » : c’est à propos de ce chien que les hommes se sont dit et se sont laissé dire bien des mensonges.

C’est pour approfondir ce secret que j’ai passé la mer : et j’ai vu la vérité nue, en vérité ! pieds nus jusqu’au cou.

Je sais maintenant ce qui en est du chien de feu ; et aussi de tous les démons de révolte et d’immondice, dont les vieilles femmes ne sont pas seules à avoir peur.

Sors de ta profondeur, chien de feu ! me suis-je écrié, et avoue combien ta profondeur est profonde ! D’où tires-tu ce que tu craches sur nous ?

Tu bois abondamment à la mer : c’est ce que révèle le sel de ta faconde ! En vérité, pour un chien des profondeurs, tu prends trop ta nourriture de la surface !

Je te tiens tout au plus pour le ventriloque de la terre, et toujours, lorsque j’ai entendu parler les démons de révolte et d’immondice, je les ai trouvés semblables à toi, avec ton sel, tes mensonges et ta platitude.

Vous vous entendez à hurler et à obscurcir avec des cendres ! Vous êtes les plus grands van-