Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/230

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alors que Zarathoustra parlai ainsi à sa conscience pleine d’allégresse :

Je suis de nouveau seul et je veux l’être, seul avec le ciel clair et avec la mer libre ; et de nouveau l’après-midi est autour de moi.

C’était l’après-midi lorsque, pour la première fois, j’ai trouvé mes amis, c’était l’après-midi aussi une autre fois : — à l’heure où toute lumière devient plus tranquille,

Car les parcelles de bonheur qui sont en route entre le ciel et la terre se cherchent un asile dans les âmes de lumière. Maintenant le bonheur a rendu toute lumière plus tranquille.

Ô après-midi de ma vie ! Un jour mon bonheur, lui aussi, est descendu dans la vallée pour y chercher un asile : alors il a trouvé ces âmes ouvertes et hospitalières.

Ô après-midi de ma vie ! Que n’ai-je abandonné pour avoir une seule chose : cette vivante plantation de mes pensées et cette lumière matinale de mes plus hautes espérances !

Un jour le créateur chercha les compagnons et les enfants de son espérance. Et voici, il advint qu’il ne put les trouver, si ce n’est en commençant par les créer lui-même.

Je suis donc au milieu de mon œuvre, allant vers mes enfants et revenant d’auprès d’eux : c’est à cause de ses enfants qu’il faut que Zarathoustra s’accomplisse lui-même.

Car seul on aime du fond du cœur son enfant et