Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/372

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La grenouille finit toujours par éclater, la grenouille qui s’est trop gonflée : alors le vent en sort. Enfoncer une pointe dans le ventre d’un enflé, c’est ce que j’appelle un sage divertissement. Ecoutez cela, mes enfants !

Notre aujourd’hui appartient à la populace : qui peut encore savoir ce qui est grand ou petit ? Qui chercherait encore la grandeur avec succès ! Un fou tout au plus : et les fous réussissent.

Tu cherches les grands hommes, singulier fou ! Qui donc t’a enseigné à les chercher ? Est-ce aujourd’hui le temps opportun pour cela ? Ô chercheur malin, pourquoi — me tentes-tu ? » — —

Ainsi parlait Zarathoustra, le cœur consolé, et, en riant, il continua son chemin.



HORS DE SERVICE


Peu de temps cependant après que Zarathoustra se fut débarrassé de l’enchanteur, il vit de nouveau quelqu’un qui était assis au bord du chemin qu’il suivait, un homme grand et noir avec un visage maigre et pâle. L’aspect de cet homme le contraria énormément. Malheur à moi, dit-il à son cœur, je vois de l’affliction masquée, ce visage me semble appartenir à la prêtraille ; que veulent ces gens dans mon royaume ?

Comment ! J’ai à peine échappé à cet enchanteur :