Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/437

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de ma folie de vérité,
de mes désirs du jour,
fatigué du jour, malade de lumière,
— je suis tombé plus bas, vers le couchant et l’ombre :
par une vérité
brûlé et assoiffé :
— t’en souviens-tu, t’en souviens-tu, cœur chaud,
comme alors tu avais soif ? —
Que je sois banni
de toutes les vérités !
Fou seulement, poète seulement !



DE LA SCIENCE


Ainsi chantait l’enchanteur ; et tous ceux qui étaient assemblés furent pris comme des oiseaux, au filet de sa volupté rusée et mélancolique. Seul le consciencieux de l’esprit ne s’était pas laissé prendre : il enleva vite la harpe de la main de l’enchanteur et s’écria : « De l’air ! Faites entrer de bon air ! Faites entrer Zarathoustra ! Tu rends l’air de cette caverne lourd et empoisonné, vieil enchanteur malin !

Homme faux et raffiné, ta séduction conduit à des désirs et à des déserts inconnus. Et malheur à nous si des gens comme toi parlent de la vérité et lui donnent de l’importance !

Malheur à tous les esprits libres qui ne sont pas en garde contre pareils enchanteurs ! C’en sera