Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/448

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et bouclé d’or ? Ou bien déjà
rongé, grignoté — hélas ! hélas !
misérablement grignoté ! Selah.

Ô ne pleurez pas,
cœurs tendres,
ne pleurez pas,
cœurs de dattes, seins de lait,
cœurs de réglisse !
Sois un homme, Souleika ! Courage ! courage !
ne pleure plus,
pâle Doudou !
— Ou bien faudrait-il
peut-être ici
quelque chose de fortifiant, fortifiant le cœur ?
Une maxime embaumée ?
une maxime solennelle…

Ah ! monte, dignité !
Souffle, souffle de nouveau
Soufflet de la vertu !
Ah !
Hurler encore une fois,
hurler moralement !
en lion moral, hurler devant les filles du désert !
— Car les hurlements de la vertu,
délicieuse jeunes filles,
sont plus que toute chose
les ardeurs de l’Européen, les fringales de l’Européen !
Et me voici déjà,
moi l’Européen,