Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/79

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être aime-t-il en toi le visage fier et le regard de l’éternité.

Il faut que la compassion avec l’ami se cache sous une rude enveloppe, et que tu y laisses une dent. Ainsi ta compassion sera pleine de finesses et de douceurs.

Es-tu pour ton ami air pur et solitude, pain et médicament ? Il y en a qui ne peuvent pas se libérer de leur propre chaîne, et pourtant, pour leurs amis, ils sont des sauveurs.

Si tu es un esclave tu ne peux pas être un ami. Si tu es un tyran tu ne peux pas avoir d’amis.

Pendant trop longtemps un esclave et un tyran étaient cachés dans la femme. C’est pourquoi la femme n’est pas encore capable d’amitié : elle ne connaît que l’amour.

Dans l’amour de la femme il y a de l’injustice et de l’aveuglement à l’égard de tout ce qu’elle n’aime pas. Et même dans l’amour conscient de la femme il y a toujours, à côté de la lumière, la surprise, l’éclair et la nuit.

La femme n’est pas encore capable d’amitié. Des chattes, voilà ce que sont toujours les femmes, des chattes et des oiseaux. Ou, quand cela va bien, des vaches.

La femme n’est pas encore capable d’amitié. Mais, dites-moi, vous autres hommes, lequel d’entre vous est donc capable d’amitié ?

Malédiction sur votre pauvreté et votre avarice de l’âme, ô hommes ! Ce que vous donnez à vos