Page:Nietzsche - Considérations Inactuelles, II.djvu/183

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le dramaturge} nous gravissons cles degrés les iiés du sentiment et c”est là seulement que nous qigiions l’illusion de nous voir ramenés au sein de la nature illimitée, dans le royaume de la liberté. Làx seulement, comme dans un formidable mirage, nous DOB ; apereevons’, nous et nos semblables, en plein dans la lutte, * la victoire et la disparition, comme si nous étions, nops aussi, quelque chose de sublime et d’important ; nous i —·i’ faisons nos délices du rythme de la passion et du., «sa-criiice que comporte la passion ; à chacun des pas formidables que. fait le héros, nous entendons le sourd retentissement de la mort et dans le voisinage de la mort nous saisissons l’attrait suprême de la vie, É i.

Transformés de la sorte en hommes tragiques, nous revenons à la vie singulièrement consoles, avec le seutiment d’une sécurité nouvelle, semblable à celle que nous éprouverions si, après avoir couru les plus grands dangers, après des écarts et des extases multiples, nous il avions retrouvé le chemin qui nous ramène dans un monde limité et familier. Un chemin qui nous ramèneà des sentiments d’une courtoisie supérieure et bienveillente dans nos relations et qui nous confère plus de noblesse qu’auparavant. Car tout ce qui paraît ici sérieux et nécessaire, parce qu’il s’agit d’atteindre un but déterminé, ne ressemble, lorsque nous le comparons à· la voie que nous avons nous-mêmes parcourue (bien que seulement en rêve), qu’à des fragments à singulièrement isolés de ces événements cosmiques dont nous ne prenons conscience qnfavec terreur. Nous serons même exposés à un dangereux écueil, tentés comme nous le serons de prendre la vie tropà la légère,