Page:Nietzsche - Considérations Inactuelles, II.djvu/216

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par la lutte, union de la justice et de Pinimitié. J’admire ’la faculté de calculer la ligne majeure de passions individuelles qui toutes suivent une courbe différente ; et je. vois la preuve de cette faculté dans chaque acte des V drames de Wagner, qui raconte côte à côte l’histoire particulière d’individus différents et celle qui leur est cdmq mune à tous. Dès le début nous sentons que nous som-A mes en présence de courants opposés, mais aussi d’un fleuve puissant qui les domine tous. Ce fleuve coule tout, ’’l’’ · d’abordirregulièrementsur des écueils invisibles ; parlais ses ondes semblent vouloir se séparer violemment et suivre r des directions différentes. Peu à. peu nous voyons leur’’· mouvement devenir plus fort et plus rapide ; Pagitation e tumultueuse a passé au calme imposant dîun large moua vement VGPS UD but encore inconnu ; et soudain, lorsque le dénouement est proche, le flot se précipite de toute sa ’’p masse vers l’abîme, avec un désir fatal du gouffre et de ses fureurs. Jamais Wagner n’est davantage lui-même que lorsque les difficultés s/accumulent et qu’il peut I agir dans des conditions tout à fait grandioses avec l’a’llée gresse du législateur. Transformer en rythmes d’une grande simplicité des- élé ments. déréglés et rebelles, réaliser une volonté unique au milieu d’une multiplicité déroutante de prétentions et d,6X1g8HC6S e tels sont les - devoirs pour lesquels il se sent né, dans l’exerc1ce desë quels i à la conscience de sa liberté. Pour ces devoirs jamais les forces ne lui manquent ; jamais il ne perd le souffle avant d’arriver à son but. Il s’est efforcé de ·s’imposer les règles les plus rigoureuses avec la même per— sévérance que d’autres mettent alléger leur fardeau.

  • La vie ctrl art lu ; pèsent, lorsqu’il ne peut pas Jouer à