Page:Nietzsche - Considérations Inactuelles, II.djvu/96

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s’épanouir sans entrave ; vous-mêmes, vous devez être placés au premier rang, vous serez courtisés par une suite énorme et les acclamations de l’opinion publique vous réjouiront certainement plus que cette approbation froide et condescendante qui vous serait accordée du haut des sommets impassibles du génie. »

Les meilleurs succomberont certainement à de pareilles séductions. En fin de compte, ce qui décide ici ce n’est pas la rareté et la puissance des dons, mais l’influence d’une certaine disposition héroïque et le degré de parenté intime et de communion avec le génie. Car il y a des hommes qui considèrent que c’est pour eux une calamité personnelle, quand ils voient le génie lutter péniblement, exposé au péril de se détruire lui-même, ou quand l’œuvre de celui-ci est écartée avec indifférence par l’égoïsme à courte vue de l’État, la platitude des acquéreurs et la sèche frugalité des savants. J’espère donc qu’il y en aura quelques-uns qui comprendront ce que je veux dire, lorsque je présente les destinées de Schopenhauer et en vue de quoi, selon mon idée, Schopenhauer éducateur doit éduquer.

7.

Mais, pour écarter, une fois pour toutes, toutes les réflexions qui concernent un avenir lointain et un bouleversement possible du système d’éducation, que devrait-on souhaiter actuellement et, le cas échéant, procurer à un philosophe en voie de développement, pour lui permettre du moins de respirer et, au meilleur cas, de parvenir à l’existence certainement difficile et tout au moins