Page:Nietzsche - Considérations inactuelles, I.djvu/44

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Et pourquoi n’ont-ils pas au moins oublié quelque chose, du moment qu’il s’agit de quelque chose d’aussi inesthétique, d’aussi périssable, quelque chose d’aussi visiblement scellé du sceau de la niaiserie que les préceptes de Gervinus ! Il semble pourtant que l’humble grandeur d’un Strauss et l’orgueilleuse petitesse d’un Gervinus ne s’entendent que trop bien. Gloire alors à tous les bienheureux, gloire aussi à nous autres réprouvés, si ce juge incontesté de l’art poursuit encore l’enseignement de son enthousiasme d’emprunt, et promène « partout le galop de son cheval de louage », comme dit l’honnête Grillparzer avec la netteté qui convient, au point que bientôt le ciel tout entier résonnera sous le sabot de cet enthousiasme galopant ! Certes, il y aura alors plus d’animation et plus de bruit que maintenant où l’enthousiasme de notre guide divin se glisse sur des chaussons de feutre, où l’éloquence molle de son langage fatigue à la longue et finit par dégoûter. Je ne serais pas fâché de savoir quels accents aurait un alléluia dans la bouche de Strauss. Je crois qu’il faut y prêter toute son attention, autrement on risquerait de se tromper et d’entendre une excuse polie ou une galanterie chuchotée. Je puis relater, à ce propos, un exemple instructif et qu’il importe de ne pas suivre. Strauss en a beaucoup voulu à l’un de ses adversaires, de ce que celui-ci osa parler de ses révérences devant Lessing — le malheureux