Page:Nietzsche - Considérations inactuelles, I.djvu/79

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de la culture. Elles ressemblent, avec leurs appareils imposants, aux arsenaux munis de leurs pièces formidables et de leurs instruments de guerre. Nous voyons des préparatifs et une activité dévorante, comme si le ciel devait être pris d’assaut et comme si l’on voulait chercher la vérité au fond du puits le plus profond ; et pourtant, en cas de guerre, ce sont les grosses machines qui servent le moins. Et de même, la culture véritable, dans sa lutte, laisse à l’écart ces institutions, et son meilleur instinct lui fait pressentir que, pour elle, il n’y a là rien à espérer et tout à craindre. Car la seule forme de la culture dont daigne s’occuper l’œil enflammé et le cerveau obtus de cette classe de travailleurs savants, c’est précisément cette culture des philistins dont Strauss a prêché l’évangile.

Considérons un instant les principales raisons de cette sympathie qui lie la classe des travailleurs scientifiques à la culture des philistins, nous trouverons alors le chemin qui nous conduit à Strauss l’écrivain reconnu classique, et nous arriverons de la sorte à notre dernier thème principal.

Cette culture présente, tout d’abord, l’expression du contentement et elle ne veut rien changer d’essentiel dans l’état actuel de l’éducation allemande. Avant tout elle est convaincue de la puissante originalité de toutes les institutions pédagogiques allemandes, surtout des gymnases et des universités, elle ne cesse pas de recommander aux pays étrangers