Page:Nietzsche - Considérations inactuelles, I.djvu/94

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


en lisant, par exemple, les paroles suivantes de Strauss au sujet de Voltaire : « Original, Voltaire ne l’est certes point en tant que philosophe. Il s’assimile principalement les recherches anglaises. Mais il s’y montre absolument maître de son sujet ; il s’entend à le présenter de tous les côtés, avec une habileté incomparable, à le mettre en lumière sous toutes ses faces et, par là, il sait satisfaire à toutes les exigences de la profondeur, sans avoir cependant une méthode sévère. » Ici, tous les traits négatifs peuvent s’appliquer à Strauss : personne ne pourra prétendre qu’en tant que philosophe Strauss est original ou qu’il suit une méthode sévère, mais il s’agirait de savoir si nous pouvons le considérer comme « maître de son sujet » et lui reconnaître une « habileté incomparable ». L’aveu que l’œuvre est « court-vêtue » avec intention laisse deviner que Strauss visait du moins à cette « habileté incomparable ».

Construire non point un temple, non point une maison d’habitation, mais un pavillon entouré de tous les agréments que procure l’art des jardins, tel était le rêve de notre architecte. Il semble presque que ce sentiment mystérieux à l’égard de l’univers dont il nous parle ait été calculé principalement pour obtenir un effet esthétique. Cet effet, ce serait en quelque sorte la vue que l’on a sur un élément irrationnel, par exemple la mer, contemplée du haut d’une terrasse, construction charmante