Page:Noël - Fin de vie (notes et souvenirs).djvu/112

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évènements surhumains auxquels ils avaient participé couraient alors les rues, chantés non pas seulement par Béranger, mais par tous les chansonniers du temps.

Émile Debroux, dont on ne parle plus, et qui fut si populaire, avait trouvé à tous ces braves leur vrai refrain :


Te souviens-tu, disait un capitaine
Au vétéran qui mendiait son pain…


Celui qui « mendiait son pain » en 1820, ç’avait été un de ces héros homériques… Les yeux se mouillaient à ce final de la chanson de Debroux :


Mais, si la mort planant sur ma chaumière
Me rappelait au repos qui m’est dû,
Tu fermeras doucement ma paupière
En me disant : Soldat, te souviens-tu ?


Par un temps admirable, sec et froid, je parcourais les journaux agricoles et m’étonnais (très à tort) de leur vide…

Toute la presse en est là. Partout des yeux fermés pour ne rien voir, des lèvres cousues pour ne rien dire.

Levallois a raison de chanter :


Soyons plats

Parlons bas,
Et ne nous agitons pas,

Voilà le salut des États !