Page:Noël - Fin de vie (notes et souvenirs).djvu/119

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
– 116 –

XXV


Une graine qui se gonfle en terre, qui germe et grandit, un limaçon nourri dans une bouteille et que je voyais grossir ; moins que cela : un clou qui se rouillait dans un mur, des morceaux de bois qui noircissaient et pourrissaient à la pluie, des cailloux qui se couvraient de mousse, un peu d’eau s’évaporant au soleil, c’était passe-temps délicieux.

Rien donc ne restait hors d’action, tout s’agitait, s’évertuait au changement, à la métamorphose… Et je restais regardant, regardant toujours…

Certains idiots, certains aliénés, n’ont-ils pas de ces contemplations ? De très bonne heure ainsi j’appris à ne voir en toute la nature qu’agitation et vie.

Aussi combien j’eus d’incrédulité plus tard quand des professeurs, au collège, nous voulurent enseigner l’inertie de la matière !… Quelques-uns d’entre eux, cependant, m’apprirent tant d’autres choses intéressantes, mieux fondées, que je pris plaisir à leurs leçons.

Mais le côté vraiment fécond de mon instruction, je le dus à la contemplation des plus petites choses. Nul besoin de courir le monde pour y trouver des merveilles.

Voilà comment la réminiscence des divertisse-