Page:Noailles - Les Éblouissements, 1907.djvu/239

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JOURNÉE À SAINT-CLOUD


Les cieux sont écumeux, azur voilé d’azur,
Mêlé de lait, de lin, de brume, d’argent pur.
Dans le lointain léger, des usines fumantes
Sont les volcans d’encens des collines charmantes !
Sur la terrasse, épais, éployés en arceaux,
Si près de l’infini qu’ils vont y faire un saut,
Portant leurs frondaisons comme une charge auguste,
Guerriers verts dont le cœur est calme, ardent, robuste,
Les marronniers taillés, les ormes fabuleux
Font des arcs de triomphe en l’honneur des cieux bleus !
Ici des bassins noirs et leurs rives de marbre.
L’azur fasciné roule et tombe dans les arbres,
Et l’espace est partout un dôme épanoui.
– Mais quel pesant silence, et quel calme inouï
Dans ces parcs où la brise a ses ailes fanées
Les roses sont sans joie et semblent surannées.
Des étangs aux coteaux, de l’allée aux talus,
Ce ne sont que secrets et rigides saluts,