Page:Noailles - Les Éblouissements, 1907.djvu/278

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LE SOLEIL ABAISSE DU SOIR



Le soleil abaissé du soir,
Jaune et luisante renoncule,
Semble glisser, au crépuscule,
De quelque pomme d’arrosoir.

Il semble se mêler au sable,
Aux stores de paille, au gazon,
Au vitrage de la maison
Dans une ardeur inextricable.

L’air est fumant, sourd, fructueux ;
L’affolement joyeux des mouches
Enflamme les suaves bouches
Des narcisses voluptueux.

Le frelon noir, plein de lumière
De cils, de soie et de velours,
Tombe d’un balancement lourd
Au cœur de la rose trémière.