Page:Noailles - Poème de l’amour, 1924.djvu/30

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XXI


Si je t’aime avec cet excès,
Et cette netteté aussi,
Avec cet œil adroit qui sait,
C’est à cause de mon pays !

De mon pays lointain, antique,
L’illustre Hellade des cigales,
Où, sans doute, aux jeux olympiques,
Se mouvaient tes grâces égales :

Grâces du visage et du cœur,
Force charmante, allègre effort
D’un front qu’ennoblit de sueur
L’élan de l’âme avec le corps !

Platon, Mnasalque, Diotime,
T’eussent entouré de clameurs.
Moi je t’aime, je souffre et meurs ;

— Reçois ce présent plus intime…