Page:Notices sur M. le comte Chaptal, et discours prononcés sur sa tombe, le 1er août 1832.djvu/16

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signala comme une grande opération chimique les doubles procédés de la nature et de l’art dans la fabrication du vin. L’auteur ne néglige aucun détail ; il observe le raisin jusqu’à sa maturité ; il assiste à la vendange ; il observe la fermentation, il la gouverne, il en recueille les produits ; il suit le vin dans les tonneaux, il le conserve, il en étudie les vertus, il en recherche les principes ; il distille, il s’occupe de l’acétification ; ce travail, plusieurs fois reproduit, devait être classique, et l’est devenu en effet[1] ; il a opéré une révolution dans l’un de ces arts qui font la richesse de la France.

Le grand homme que la France salua du nom de libérateur au premiers jours du siècle présent était loin de partager les étroites et fausses idées de ceux qui voudraient établir une barrière de séparation entre l’administration et les connaissances humaines : il avait bien compris, au contraire, tout ce que les lumières de la science peuvent porter de secours à l’art de l’administration comme aux autres, se plaisant alors lui-même à s’entourer des hommes de génie dans ses relations familières et dans une sorte de communauté de gloire, leur empruntant tout ce qu’il croyait pouvoir contribuer à la prospérité générale ; il avait distribué nos premiers savans dans les divers conseils

  1. Art de faire, de gouverner et de perfectionner les vins, 1 vol. in-8°, 1re édition, an IX ; 2e édition, 1819. — Traité théorique et pratique de la culture de la vigne, avec l’art de faire le vin, les eaux de vie, esprits de vin et vinaigres, 2 vol. in-8°, 1re édition, an IX ; 2e édition, 1811.