Page:Notices sur M. le comte Chaptal, et discours prononcés sur sa tombe, le 1er août 1832.djvu/30

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d’esprit de famille. Vous vous rappelez, Messieurs, jusqu’où il portait cette assiduité qui, dans le chef d’une grande association, est une qualité si essentielle qu’elle devient presqu’une vertu ; avec quel empressement il arrivait toujours l’un des premiers à vos séances ; avec quel intérêt il suivait le cours des discussions, comme il savait les rendre fructueuses par l’art de les diriger en commun ; il les enrichissait lui-même par des observations judicieuses, par des faits toujours cités à propos. Vous vous rappelez quelle autorité il exerçait dans les réunions par le seul ascendant de son expérience, de son impartialité, de sa sagesse, d’une dignité simple, d’un esprit conciliant, sans jamais imposer la gêne la plus légère aux délibérations, et en professant le plus juste respect pour les opinions de chacun ; vous vous rappelez le soin délicat qu’il prenait de faire valoir les travaux des membres de votre Conseil d’administration ; vous vous rappelez avec quelle jouissance il déposait sur la tête des artistes, des inventeurs, ces couronnes que vous leur aviez décernées. Heureux alors tout ensemble et de leur joie et de votre propre satisfaction, avec quelle sincérité il applaudissait à toutes les découvertes, à toutes les créations dans lesquelles il apercevait un élément fécond pour la prospérité publique ! L’ame qui anime notre Société semblait ainsi respirer par son organe.

Si nous devions beaucoup aux lumières de Chaptal, à ses longs services, nous étions donc redevables aussi à ses qualités personnelles, à son caractère, à tout ce qui lui conciliait l’affection et l’estime dans les relations individuelles. Nous avons apprécié en lui