Page:Notices sur M. le comte Chaptal, et discours prononcés sur sa tombe, le 1er août 1832.djvu/8

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
( 4 )

pour eux sera, de votre part, lui élever une sorte de monument digne à la fois de lui et de vous. Les services qu’il leur rendit pendant plus d’un demi-siècle s’unirent à d’autres services envers l’humanité, envers la patrie, et en reçurent un nouveau prix comme un nouvel éclat : savant, professeur, écrivain, administrateur, homme public, il fit profiter l’industrie de tous ses travaux, il la rendit tributaire des divers intérêts de la société et des lumières. Il était au milieu de nous comme le représentant de l’industrie française, fonction éminente à une époque où l’industrie est venue occuper une place si importante sur la scène du monde, fonction dont il avait compris toute l’élévation et l’étendue. Il a exprimé, en quelque sorte, dans sa personne et dans sa vie, ce grand phénomène de l’histoire contemporaine, de l’influence que l’industrie a acquise de nos jours sur toutes les branches de l’organisation sociale ; il lui dut en grande partie le rang, les honneurs, le pouvoir, et ce qui est plus, la gloire qu’il obtint : il s’acquitta, dignement envers elle.

La carrière de Chaptal commence précisément par cette alliance entre les deux ordres de travaux qui ont pour objet les théories scientifiques et les applications des arts industriels, alliance si utile à tous deux, et aussi, dès ses premiers pas, les cultiva-t-il également tous les deux. Né, en 1756, dans la Lozère, Chaptal sentit sa vocation déterminée par la lecture de quelques livres de médecine et d’histoire naturelle, qu’il trouva dans la maison de son père. Il fit ses premières études à Mende sous les doc-