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célébrer ses louanges. Les puissances européennes, déroutées par les initiatives françaises et plus encore par les étranges procédés du souverain, qui négociait en dehors de ses ministres et à leur insu, perdirent foi en la sagesse et en la parole du gouvernement impérial. Ainsi s’écroula rapidement l’édifice de 1856.

Les années 1859 et 1860 furent marquées par deux autres événements de portée considérable. L’initiative impériale s’exerça sur le terrain économique, substituant au régime protectionniste jusqu’alors en vigueur le système du libre échange et des traités de commerce[1]. Ce fut une véritable révolution. Puis des modifications introduites dans les lois constitutionnelles de 1852 (qui étaient imitées de la constitution consulaire) commencèrent d’en atténuer l’aspect antilibéral. « La liberté, avait dit Napoléon iii, peu après son avènement, n’a jamais aidé à fonder d’édifice politique durable ; elle le couronne quand le temps l’a consolidé. » Mais tel n’était pas le cas. L’empire bien loin de se consolider commençait à se désagréger. Cette désagrégation irait, désormais, en s’accentuant sans cesse. Et sans doute les entreprises fantaisistes comme la tentative de fonder un empire européen au Mexique devaient y aider grandement, mais le principal facteur de la déchéance résidait dans l’impossibilité pour l’empereur d’aller jusqu’au bout de la politique italienne qu’il avait inaugurée sans s’aliéner définitivement les conser-

  1. Dès 1852, un senatus-consulte avait pris soin de stipuler que le souverain pourrait conclure des traités de commerce et modifier les tarifs de sa pleine autorité. Ici encore se révèlent les traits essentiels du caractère de l’empereur, la patience et l’obstination.