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notre france

que plus saisissant entre l’empire disparu et l’empire vivant.

Quelles que soient les dimensions atteintes par le premier aux temps de Colbert ou de Dupleix, elles ne sauraient être comparées avec celles auxquelles était parvenu le second à la veille de la guerre de 1914 ; d’autant qu’il ne s’agit plus ici de possessions aux limites indécises et irrégulièrement exploitées, mais de régions où la domination est effective, la mise en valeur organisée, les frontières nettement tracées. L’empire colonial de la République avait à cette date une superficie globale d’environ 11.400.000 kilomètres carrés (plus de vingt et une fois celle de la France) avec une population de 47 millions d’âmes et son commerce annuel d’importations ou d’exportations se totalisait à près de 3 milliards et quart[1].

Or en 1871, ce même empire représentait une superficie de moins d’un million de kilomètres carrés, une population inférieure à cinq millions, un commerce qui n’atteignait pas même 600 millions. On peut juger par là des progrès prodigieux accomplis en quarante ans. La République détient, à cet égard, une sorte de record dans les annales universelles, car si l’accroissement de territoire et de puissance réalisé rappelle les plus brillantes épopées de l’histoire, on découvrirait, on y prêtant l’attention voulue, que jamais pareils avantages ne furent obtenus à si bon compte c’est-à-dire avec une si faible dépense proportionnelle d’hommes et de capitaux — et on serait autorisé à ajouter : avec

  1. Il est oiseux de rappeler qu’il s’est encore beaucoup agrandi et enrichi depuis 1914.