Page:Nous sommes donc trois.djvu/14

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attachés à la liberté tant qu’ils y ont trouvé le moyen d’entretenir la licence qui pouvoit favoriser leurs desseins ; ils lui ont tourné le dos quand ils ont vu qu’ils alloient perdre leur ressource.

Nous avons donc un ennemi de plus contre lequel nous devons nous mettre en garde. Cette connoissance est affligeante, sans doute ; elle doit servir à nous éclairer.

Redoublons de vigilance ; placés entre deux phalanges ennemies, attaquons de front celle qui veut nous replacer sous les chaînes du despotisme ; prenons en flanc celle qui ne cherche à nous troubler que pour accomplir des projets non moins pernicieux.

Le voici le moment de ne négliger aucune précaution. On nous annonce une émeute populaire d’ici à huit jours : par qui sera-t-elle payée ? je l’ignore. Par qui sera-t-elle fomentée et soutenue ? Oh ! je le sais bien : d’un côté par les défenseurs opiniâtres du pouvoir absolu ; de l’autre par la faction qui ne peut atteindre à son but que par le désordre et le tumulte.

Sur-tout tenons-nous bien serrés ; restons bien unis ; n’allons pas nous échauffer sur des objets qui ne nous concernent point ; nous diviser pour des intérêts qui nous sont étrangers. Nous donnerions trop d’avantage sur nous aux deux cabales qui guettent le moment de nous surprendre. Affoiblis par nos propres mains, elle n’auroient plus à se disputer que le droit de nous asservir, et de quelque côté que demeurât la victoire, notre sort seroit toujours l’esclavage.

Signé Saint-Georges, Soldat
Citoyen, de la ville de ***