Page:Nous sommes donc trois.djvu/8

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caffards. Nous avons vu le loup sous la peau de la brebis. Nous avons bien senti qu’ils ne vouloient que notre bien, et nous nous sommes tenus tranquilles, en méprisant leurs efforts.

Ce parti-là n’est plus guerre à craindre ; il est trop connu. On se tient sur ses gardes vis-vis de lui. On se méfie de toutes ses démarches. Difficilement viendra-t-il à bout de nous surprendre, ou de nous donner le change.

On dit cependant qu’il y a d’honnêtes gens parmi ces aristocrates. D’honnêtes gens ! Eh ! Mais comment donc ne se hâtent-ils pas de quitter cette secte ? Comment soutiennent-ils ses projets destructeurs ? Comment, après avoir solennellement juré, le 4 février, de respecter les décrets de l’Assemblée, les ont-ils attaqués par une protestation publique ? Cela, ce me semble, ne s’accorde pas trop avec la probité : à moins que ces prétendus honnêtes gens ne soient ceux qui se qualifient les impartiaux. J’ai bien examiné ces derniers. Ils ne sont, à mon avis que des aristocrates déguisés, qui n’osent point partager la fureur de leur cabale, ou des gens, dont l’amour-propre aigri par leur peu d’influence dans l’Assemblée, veulent marquer au moins par quelqu’endroit, ne fût-ce qu’en s’en allant, comme plusieurs ont fait. Mais le plus grand nombre est aristocrate.

L’autre parti, à la tête duquel on voit un la Fayette, un la Rochefoucaud, marche droit au but, et tend sincèrement au vrai bien.

Celui-là, avec son nez au vent, comme