Page:Orsier - Henri Cornelius Agrippa.djvu/69

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sont-elles médiocres, je n’en sais trop rien, je vous conseille de laisser le combat, de le refuser. J’ai la confiance que je suis moi-même de force à combattre sans défaillance avec grand succès et à défendre votre renom, votre bonheur, votre honneur et votre gloire contre cette espèce, cette engeance de Cerbères aboyeurs. Du reste, si vous avez auprès de vous à Paris cet ami dévoué qui se nomme le Père Claude[1], que j’ai nommé plus haut, dites-lui en mon nom une foule de choses agréables et communiquez-lui ces écrits. Je sais en effet qu’il vous aime et vous vénère au-delà de toute expression.

Adieu, homme heureux, le plus bel ornement de la société des gens réellement instruits.

De Metz, le 16 avant les calendes de juin 1519.


XIII
Jacques Lefebvre d’Étaples à Henri Cornélis Agrippa, salut.

Paris, 20 juin 1519.

Très-honoré Seigneur, j’ai reçu votre lettre par l’entremise du vénérable Père Claude Dieudonné. Je lui ai donné moi-même une lettre et quelques écrits qu’il aura soin de vous faire tenir ou de vous remettre, ayant promis de s’acquitter ponctuellement de cette mission. Il est resté très peu de temps à Paris, de sorte que je n’ai pas, contrairement à notre désir réciproque, pu l’entretenir souvent ni facilement. Les intérêts de la Religion et de son Ordre prenaient presque tout son temps. Ce qui n’empêche pas que, par votre première lettre, j’aie parfaitement ressenti quelle bienveillance vous animait à mon égard, bien que n’ayant jamais rien fait pour la mériter ; veuillez vous convaincre que mes sentiments à votre égard sont aussi chaleureux et aussi sincères. Dans votre seconde lettre, qu’un habitant de Metz m’a remise, vous m’exprimez avec non moins de sincérité votre attachement. J’ai reçu par la même occasion et vos Propositions pour la défense de sainte Anne et les ineptes conclusions adverses d’un anonyme. Le R. Père Claude m’avait déjà communiqué vos Propositions. J’eusse aimé que la question de sainte Anne fût agitée par les savants avec moins d’acrimonie. Si cela ne peut se faire par suite de la méchanceté des temps actuels, de l’acharnement coupable des écrivains, si vous êtes décidé absolument à lutter, faites qu’en aucune façon l’intérêt que vous portez à mon honneur ne vous y engage. Que ce soit seulement le désir de défendre la vérité et votre dévotion envers Marie, mère de Dieu, qui soit votre mobile. Du reste, vous ne pouvez retirer aucune gloire de la lutte que vous engagerez avec ces barbares, dont le but unique est de déshonorer les autres. Non, je ne vois pas que leurs plates et

  1. Claude Dieudonné.