Page:Orsier - Henri Cornelius Agrippa.djvu/7

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légendes, on base trop souvent son jugement et l’on se montre indifférent aux enseignements utiles qu’on peut tirer de l’étude impartiale du passé, comme parfois on en lit des pages tronquées ou travesties par l’esprit de secte ou de parti. Il est juste pour Agrippa d’apprécier l’homme et ses travaux avec indépendance. Son histoire peut offrir de l’intérêt à plus d’un point de vue : elle présente d’abord le tableau de la vie privée tout entière d’un homme de lettres au XVIe siècle ; puis elle fournit d’utiles renseignements sur les hommes et les choses de son temps, et notamment sur les questions religieuses et politiques au début de la Réforme ; enfin elle donne de curieuses indications touchant les sciences et les arts occultes dans l’Europe occidentale.

Délaissant les légendes qui tantôt ont embelli, tantôt défiguré Agrippa, nous examinons nettement dans une première partie sa vie et la genèse de son œuvre qui est un reflet parfois de son roman d’aventures. Une autre étude, toute de critique, sera consacrée spécialement à ses idées et à ses écrits. Dans une seconde partie nous donnons ici la traduction de soixante-dix documents, dont on appréciera l’importance historique, non moins que l’intérêt qu’ils présentent pour démêler l’imbroglio de ses passages en divers pays, son intime pensée, ses relations avec des personnages si divers tels qu’Érasme, Tritheim, des cardinaux, Mélanchton, Lefebvre d’Étaples, le connétable de Bourbon, Louise de Savoie, Marguerite d’Autriche, Eustache Chapuys, ambassadeur de Charles Quint à Londres. Ces lettres méritaient d’être connues dans leur intégrité originale.