Page:Otlet - Monde - 1935.djvu/187

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


LA CRISE.

Les faits. — C’est au début de l’automne de 1929 que se manifesta le changement décisif d’orientation, quand la période de « boom » prit soudainement fin aux Etats-Unis et fut suivie d’une grave dépression. De ce moment à décembre 1930 (15 mois), la valeur du commerce international de 45 pays est tombé de 5,500 millions de dollars à 3,600. Pourquoi cette dépression si profonde et si générale ? 1° À cause de l’adaptation tardive aux nouvelles conditions organiques qu’il a fallu effectuer. 2° Parce que l’existence même d’un profond défaut d’adaptation organique a rendu la situation instable et réduit le pouvoir de résistance aux tendances désorganisatrices et déprimantes plus ou moins liées au cycle économique.

Après 1925 ou 1926, ce fut le moment d’un certain degré de normalisation, d’équilibre économique. De 1925 à 1928, la production des denrées alimentaires et des matières premières augmenta de 8 %, celle des articles manufacturés 9 % et le commerce d’environ 15 %. En 1928, le montant des prêts consentis à l’étranger par les pays exportateurs de capitaux, (Grande-Bretagne, États-Unis, France, Suède, Suisse, Pays-Bas) a été de 2,300 millions de dollars dont 40 % à destination de l’Allemagne. Des progrès techniques considérables ont été accomplis dans la production des céréales au cours des 20 dernières années (fermiers plus instruits, qualité de semences, engrais, instruments mécaniques). Ainsi on a pu réduire de 130 à 100 jours la période nécessaire à la maturation du blé, permettant au Canada de reporter à 200 mille plus au nord la limite septentrionale de culture du blé. D’autre part, avec un travail musculaire moindre à raison des machines, et la possibilité d’acquérir une nourriture variée, la consommation du blé a été réduite par tête d’habitant, de 5 % en Allemagne et en Angleterre, de 10 % en France, de 14 % en Amérique.

En l’espace de un ou deux ans, les cours de bourse baissèrent de 58 % (France), 36 % (Angleterre), 33 %