Page:Ovide - Œuvres complètes, Nisard, 1850.djvu/729

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LES TRISTES.

df la pairicV Car ou ht la licaiih’, m dois à la iialuic cl aux deslins di-s ma’iirs iliasifs , des i|ualilés rares el le {}onie enlin ! (l’csl moi qui le |)rcuiier l’ai conduite sur les bords derilippo- (;rènc,pour sauver d’un ancanlissenieiil làchcux celle veine féconde. C’esl moi qui le premier découvris le (fcnie dans les premières inspira- lions de la jeunesse, el je tus à la fois, comme un père l’eùl éléde sa fille, le guide el le compagnon de les éludes. Si lu conserves encore ce feu de la poésie, cerlcs la Musc de Lesbos pourra seule èire Ion maître. Mais je crains (|ue mon malheur n’arrèUîion essor, eique Ion ;me, depuis ma ca- lasiroplie, nesoii plon{;ée dans l’inacliou. ’l'anl (pie je lus là, lu me lisais souvent tes ébauches, cl je le lisais les miennes. J’étais tour à tour Ion juj;eel ton précepteur; je prêtais l’oreille à tes productions nouvelles, et sij’y surprenais cpiel- que endroit faible , je t’en foisais rougir, l’eut- <Ure le mal que j’ai recueilli de mes vers l’a-l-il fait craindre une destinée pareille ix la mienne. Ne crains rien, Périlla, mais que tes écrits n’aillent pas jeter le désordre dans le cœur d’une femme, ni lui donner des leçons d’amour. Loin de toi donc , ô docte femme , tout pré- texte d’oisiveté , el reprends l’étude des beaux- arts, ton culte favori. Ta figure charmante sid^ira l’ouiragedesans; les rides imprimeront Hnjourlon âge sur ion front. Ta beauté sera profanée par la main llétrissante delà vieillesse aux pas lents el sourds; on dira : Elle était belle, et loi tie gémir et d’accuser ion miroir d’infidélité. Ta fortune esl médiocre, quoique tu sois digne de l’opulence ; mais supposons qu’elle soit des plus considérables, c’est encore là un de ces avantages (|iie le hasard donne cl reprend à son gré. Tel est un Cr<’Stis aujour- d’hui, (|ui demain sera un Irus. Pourquoi ces exemf)les? tous nos biens sont périssables, exc<’plé ceux du cœur el de l’esprit. Ainsi, moi, privéde ma pairie, de vous , de mes pénates, moi (jue l’on a dépouillé de tout re qu’on pou- vait me ravir , je trouve ma société el mes jouis- sances dans les facultés do mon esprit : César n’a f)U étendre ses droits juscjue sur lui. Que le glaive impitoyable vienne à trancher mes jours, Ovide mon, sa gloire lui survivra ; el tant (jue Home victorieuse, Home, lillo de Mars, verra du haul de ses collines l’univers subjugué, j’aurai (les lerteurs. Isviledonc aussi, (el puisse-t-il rester de ton talent des produits plus heureux que les miens), évite d’être un jour tout eulièrc la proie du bûcher. ÉLÉGIE Vm. Que ne puis-je m’ëiancer sur le char de Triptolème , qui le premier ensenien(:a la terre jusqu’alors inculte? Que ne puis-je atteler les dragons dont Médée se servit pour fuir, ô Co- l’U lains (lotos iii(;rnuinu]uc ilodit. Hoc cjo lV|;nsulas dciluxi |iriiiuis ad undas , Ne iiialc fuciindac vcna poriret ai|uœ : rriimis id as|)Oxi tinoris in virijiiiis annis : lll(iuc palet vciia^ du’iquc roTiios(|iic fui. lîrjjo si rcinancnt i|;nos tilii pci-toris idoiii , Sol» lumn vatcs Loslda vincct opus. Scd voicor ne le mca mine forluna relaidc’l, Pdsluiic nieos rasiis sit til)i poclus incis. Puni luuil , Ina sirpc niilii , libi noslra lojjcbani Sjcpi’ lui jiidcs, s.Tpo niayislor eram. AulOjjo prœlieliani faclis modo viTsil)US ourcs , Aut id)i rcssaras, eaussa ruliciis ciam. Forsitan cxoinpto , quia inc lirsere liholli , T« (|iioque sis pcrnœ lala seciila nioa?. l’onc, l’crilla, nictiiin : lanlunimodo l’i mina non sil , Dfvia, nec scriptis discal amare luis. ICrRo dosidian reniovc doclissinia («usas : Inqiic honas arlcs , cl tua sacra ledi. Ista di’cons fncics loujjis vilial)ilur aiiiiis : Il Iliaque in anli(|iia fionto scnilis ciil : liijicii’li|tic nianiini foniuv dainnosa scncclus j (Juic slrcpitum passii non facicntc vcnit. Cumquc aliquis diccl, Fuit liai’C foriuosa; dolol)is : lit spoculuni nicndat csso qucicro luuni. Sunl lll>i opes niodicœ , cuni sis dijjnissima magnis. Kinf scd inimcnsis censibus esse pares : Ncinpe dut id cuicuin(]ue libct forluna , rapilquc : lius cl est sul)ilo , <|ui modo Crœsus crat. Singtda quid rcferam? nil non niortalo teuemus , l’ectoris exoeplis injjeniique bonis. Kn CRo cuni pallia oaroam , vobisquc domoquc , liaptaque sint, adiini ([ure poluore , niihi ; Ingcnio lamcn ipsc nico c.oniilorquc fruorquc : Cwsar in lioc poluil jnris liabcrc niliil. (Juilil)Cl liane scevo vitam milii fiuiat cnse ; Rie lainen oxstinelo fama supcrslcs erit. Duinquc suis vielrii oinnem de mnnlibus orbeni rrospicictdomituin Marlia Unnia , lefjar. Tii inioquc, quam skidii mancat felicior usus , ICffii(;e vcnturos qua polos usquc rogos. ELEGIA VIII. Nunc ego Triptolcini cupercm conscendcre cnrrvis , Misit in ignotam qui niJe scmcn Iiumuin :