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ORNEMENTS CELTIQUES.
ORNEMENTS SPIRAUX ET DIAGONAUX, ORNEMENTS ZOOMORPHIQUES ET ANGLO-SAXONS.
1. 
Lettre initiale, des évangiles de Lindisfarne, fin du 7ème siècle, musée Britannique, (agrandie).
2. 
Ornement en lignes angulaires, des évangiles Grégoriens, musée Britannique, (agrandi).
3. 
Entrelacs d’animaux, du livre de Kells, bibliothèque de Trinity College, Dublin, (agrandis).
4. 
Dessin diagonal. Evangiles de Mac Durnan, bibliothèque du palais de Lambeth. 9ème siècle, (agrandi).
5 et 
12. Ornements en spirale des évangiles de Lindisfarne, (agrandis).
6. 
Ornements en diagonal de manuscrits irlandais, St. Gall, 9ème siècle, (agrandis).
7. 
Entrelacs. Idem.
8. 
Entrelacs d’animaux, évangiles de Mac Durnan, (agrandis).
9, 10, 
13. Dessins en diagonal, évangiles de Mac Durnan, (agrandis).
11. 
Dessins en diagonal des évangiles de Lindisfarne, (agrandis).
14. 
Bordure en entrelacs d’animaux, tirée des évangiles de Lindisfarne, (agrandie).
15 et 
17. Panneaux à entrelacs de bêtes et d’oiseaux, pris des évangiles irlandais de S. Gall. 8ème ou 9ème siècle.
16. 
Q initiale, en forme d’animal allongé et angulaire, du psautier de Ricemarchus, Trinity College, Dublin. Fin du 11ème siècle.
18. 
Un quartier de cadre, ou bordure, pris d’une page enluminée du bénédictionnaire de St. Æthelgar, Rouen, 10ème siècle. — Silvestre.
19. 
Idem, pris du psautier d’Arundel, No. 155, musée Britannique. — Humphreys.
20. 
Idem, pris des évangiles de Canute, musée Britannique. Fin du 10ème siécle.
21. 
Idem, pris du bénédictionnaire de Æthelgar.
22. 
Ornement en spirale entremêlé d’oiseaux, formant partie d’une grande initiale majuscule, des évangiles de Lindisfarne. (Grandeur réelle.) — Humphreys.
Owen jones - Grammaire de l ornement, 1856 (page 110 crop).jpg
ORNEMENTS CELTIQUES.

Le génie des habitants des Iles Britanniques, s’est signalé, en tout temps, par des productions d’un style qui différait singulièrement du style des autres nations du monde entier. Si les traits caractéristiques qui nous distinguent à présent, sont marqués d’un cachet particulier, ceux qui distinguaient nos ancêtres depuis les temps les plus reculés, ne l’étaient pas moins. Encore de nos jours, on regarde avec admiration nos immenses temples druidiques ; et parmi les productions des beaux-arts des siècles suivants, nous trouvons des croix gigantesques en pierre ayant jusqu’à trente pieds de hauteur, sculptées de la manière la plus élaborée et ornées de devises dont le style ne ressemble point au style des autres peuples, et ces croix nous représentent l’ancien génie pour les structures lapidaires sous une forme modifiée, inspirée par une foi nouvelle.

Les plus anciens monuments et reliques de l’art de l’ornementation que nous possédons, (et ils sont bien plus nombreux que la plupart des personnes ne s’imaginent), sont liés si intimement avec la première introduction du christianisme dans ces îles[1], que nous sommes forcés d’avoir recours à celui-ci pour démêler l’histoire et le cachet particulier de l’art celtique : tâche qui jusqu’à présent a été effleurée à peine, quoiqu’elle offre, au point de vue national, un degré d’intérêt égal à celui que peut inspirer l’histoire de l’art de l’ornementation de n’importe quel autre pays.

1. Évidence Historique. — Il est vrai que les historiens ne sont pas d’accord, quant à la manière précise dont le christianisme a été introduit en Angleterre, mais, sans qu’il soit nécessaire de chercher à réconcilier ces différends, nous avons l’évidence la plus ample, non seulement que le christianisme a été établi dans la Grande Bretagne avant l’arrivée de St. Augustin, 596, mais aussi que les anciens théologiens britanniques différaient sur bien des points importants de doctrine, avec le missionnaire envoyé par St. Grégoire le grand ; ce qui est confirmé jusqu’à l’évidence par les restes artistiques que

  1. Les restes celtiques de l’époque païenne qui se trouvent à Gavr’Innis, en Bretagne, à New Grange en Irlande, ainsi qu’un monument druidique qui existe près de Harlech, Pays de Galles, décèlent des tentatives grossières d’ornementation, consistant principalement en lignes spirales circulaires et angulaires taillées dans la pierre.
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