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ORNEMENTS ROMAINS.

en élévation de côté, pour ainsi dire. La méthode purement romaine de traiter la feuille d’acanthe se voit dans les chapiteaux corinthiens, et dans les exemples reproduits sur les planches XXVI. et XXVII. Les feuilles sont aplaties en dehors, et elles sont placées l’une sur l’autre comme sur la gravure ci-dessous.

Owen jones - Grammaire de l ornement, 1856 (page 93 crop) a.jpg

Fragment de la frise de temple du Soleil, palais Colonna, Rome. — L. Vulliamy.

Nous avons placé en juxtaposition les divers chapiteaux gravés d’après l’ouvrage de MM. Taylor et Cresy, pour montrer le peu de variété que les Romains pouvaient produire en s’en tenant toujours à cette application de l’acanthe. La seule différence qui existe, se trouve dans la proportion de la forme générale de la masse ; proportion dont le déclin est marqué visiblement à partir du chapiteau de la colonne du temple de Jupiter Stator. Quelle différence avec l’immense variété des chapiteaux égyptiens, variété qui provient de la modification du plan général du chapiteau ; l’introduction même de la volute ionique dans l’ordre composite n’y ajoute aucune beauté, mais en augmente plutôt la difformité !

Les pilastres de la villa Médicis, Nos. 3 et 4 de la planche XXVI., et le fragment No. 5, sont des spécimens de l’ornement romain, aussi parfaits qu’il est possible d’en trouver. Comme spécimens de modelé et de dessin, ils ont droit à notre admiration, mais comme accessoires ornementaux destinés à rehausser le caractère architectural d’un bâtiment, ils péchent, à cause de leur relief excessif et du traitement élaboré de la surface, contre la loi du premier principe : — l’adaptation au but qu’ils ont à remplir.

La variété de compositions qu’on peut obtenir en suivant le principe de faire naître une feuille d’une autre feuille et de les placer l’une
Pris de l’abbaye de St. Denis, Paris.
sur l’autre, est très limitée, et ce ne fut qu’après avoir abandonné le principe d’une feuille s’élançant d’une autre en une ligne continue, pour adopter celui d’une tige continue d’où s’élancent des ornements des deux côtés, que le pur ornement conventionnel prit du développement. Les plus anciens exemples de ce changement se trouvent dans les décorations de Ste. Sophie à Constantinople ; et nous reproduisons ci-contre un exemple pris de St, Denis, dans lequel quoique le bombement à la tige et la feuille tournée en arrière à la jonction de deux tiges, aient entièrement disparu, la tige continue n’est pas encore entièrement développée, comme on le voit dans la bordure étroite du haut et du bas. Ce principe est très généralement


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