Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/304

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coup coup il en reste toujours un peu d’aigreur dans l’esprit, et la charité souffre dans les conversations qu’on est obligé d’avoir à ce sujet. D’un autre côté, il y a une responsabilité attachée à nos charges, si modestes qu’elles soient, les fautes que l’on commet sont doublement graves lorsqu’elles peuvent retomber sur les œuvres qu’on dirige. Les chefs des associations pieuses devraient être des saints pour attirer sur elles les grâces de Dieu. Souvent je me demande comment j’ose bien, moi si faible et si mauvais, demeurer le représentant d’un si grand nombre de bons jeunes gens. C’est pourquoi j’aspire à l’époque où il me sera possible de me décharger de la présidence. Si Letaillandier vient ici, nous le porterons à l’unanimité ; car il y a, et c’est peut-être le seul bien positif que nous ayons fait, un attachement extrême des membres lyonnais à leurs amis, même inconnus, de Paris. Nous lisons maintenant dans nos réunions, au lieu de l’Imitation de Jésus Christ, la Vie de saint Vincent de Paul, pour mieux nous pénétrer de ses exemples et de ses traditions. Un saint patron n’est pas, en effet, une enseigne banale pour une Société, comme un saint Denis ou un saint Nicolas pour un cabaret. Ce n’est même pas un nom honorable sous lequel on puisse faire bonne contenance dans le monde religieux : c’est un type qu’il faut s’efforcer de réaliser, comme lui-même a réalisé le type divin qui est Jésus-Christ. C’est une vie qu’il