Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/350

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tre L’affaiblissement de l’esprit monastique a presque détruit cet usage. Ce peu de mots, mon cher ami, vous apprendra de notre vie tout ce qu’on peut en apprendre quand on ne l’a pas pratiquée. Une semaine passée avec nous, quand nous aurons un noviciat, vous mettra plus au courant que dix volumes. Pour moi, je suis très-content, et je ne regrette ici que l’absence d’une sève et d’une sévérité qui nous sont nécessaires, à nous autres Français[1] . Quand nous nous faisons moines, c’est avec l’intention de l’être jusqu’au cou. Ici, c’est une vie grave, spirituelle, mortifiée même, utile, mais où. l’on sent un pays qui est calme, du moins à la surface. Veuillez présenter mes hommages respectueux à madame votre mère et me rappeler au souvenir de tous nos amis de Lyon. Je vous embrasse cordialement, avec un grand désir de vous appeler un jour mon frère et mon père.

  1. Depuis l’époque où cette lettre a été écrite, le P. Lacordaire et le R. P. Jandel, par de nombreuses réformes, ont ramené l’Ordre aux primitives observances dominicaines.