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LXV
A M. HENRI PESSONNEAUX
Lyon, 13 avril 1840

Mon cher ami,

Pardonne si ta dernière lettre est restée trois semaines sans réponse. En revoyant ton frère, en prolongeant -avec lui d’amicales causeries, je me retrouvais en quelque sorte en ta compagnie, j’oubliais les ennuis de la séparation et les privations de l’absence, je n’éprouvais plus aussi vivement que par le passé le besoin de ces épanchements incomplets qui fatiguent la plume, sans pouvoir suffire à la surabondance du cœur. Et puis, l’extrême bonté de mes parents et de mes connaissances, qui ont cherché à distraire ma solitude en me conviant à leurs fêtes de famille, a jeté un peu de désordre dans l’emploi de mes journées. Les repas et les soirées enlèvent bien des heures au travail et ne permettent pas même à l’esprit de se recueillir aussi sérieusement que de coutume, quand on est rentré dans le silence du cabinet. Quoique le cercle de