Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/478

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neur , toutes ces chaînes d’or dont les âmes généreuses aiment à se lier, glissaient sur son âme sans pouvoir l’étreindre : la crainte seule avait sur lui quelque empire ; mais difficilement la laissait-il pénétrer jusqu’à soi. Il se souciait donc peu de Dieu et se jouait volontiers des hommes, et sa maxime était celle-ci «Qu’il vaut mieux se repentir « de ses paroles que de ses œuvres .[1]  » Ainsi la menace qui se faisait entendre sur tous les points de l’Europe contre les libertés de l’Église allait aussi gronder en Angleterre. Tout était dans l’attente, et l’on se demandait avec inquiétude qui oserait accepter, qui pourrait soutenir ce formidable combat.

II

En ce temps-là ( 1161 ) le siège primordial de Cantorbéry fut vacant, et au bout de treize mois Henri Il désigna pour y monter Thomas Becket, chancelier du royaume. A cette nouvelle, les esprits furent divisés. Il y eut une rumeur de sentiments et d’opinions contraires, et chacun chercha

  1. Voyez Lingard, Histoire d'Angleterre, tome II. Pierre de Blois, l'un des familiers de Henri, fait de lui le portrait suivant : Oculi ejus dum est pacati animi sunt columbini et simplices, sed in ira et turbatione cordis quasi scintillantes ignem et impetu fulminantes... Est leo aut leone truculentior dum vehementius excandescit.