Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/85

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

teurs , pontifes, gloires de l’Église d’Espagne saint Vincent, saint Isidore, saint Dominique. Tous ces grands hommes attendent une femme aussi grande qu’eux, qui vivait encore quand fut dessiné le retable de Burgos : je veux dire sainte Thérèse. Maintenant, si l’architecte ne s’est point trompé dans son dessein si cette prédication de la pierre et du bois qui vous a saisi dès l’entrée, vous a poursuivi jusqu’ici toujours plus pressante, vous n’admirez plus, vous priez, humilié, anéanti comme le pauvre Espagnol qui déroule son rosaire à vos côtés. Vous avez assez vu pour un jour. Mais il n’est pas facile d’en finir avec les grands monuments chrétiens.

Quand on a mesuré de ses pas les nefs latérales, et contemplé les belles perspectives que forment les longs bras de la croix ; quand on croit connaître enfin la cathédrale de Burgos, on s’aperçoit qu’il reste à visiter un cloître superbe, et une longue suite de chapelles, dont plusieurs sont devenues comme autant d’églises autour de l’église principale. Les unes touchent par leurs souvenirs, les autres étonnent par la richesse de leurs autels et de leurs sépultures. A Burgos, comme dans quelques-unes des grandes basiliques d’Italie, comme à Venise, à Padoue, à Florence, on n’a jamais fini de voir parce que l’art chrétien n’a jamais fini de créer. Dieu s’est reposé le septième jour ce qu’il avait fait était bien, et réalisait plei-