Page:Pétrifications recueillies en Amérique par Mr. Alexandre de Humboldt et par Mr. Charles Degenhardt.pdf/6

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et plus. Mais d’autres univalves de trois a quatre circonvolutions, dans lesquelles on ne peut meconnoitre les ammonites, se melent assez fréquemment a ces Peignes, quoique toujours en quantité bien moins considérable.

J’etois d’autant plus surpris de ce fait, dit Ulloa, que pendant le long séjour, que j’avois fait dans les contrées traversées par l’Équateur et illustrées par les travaux des Académiciens françois, nous avions portés une attention particulière, dans nos courses de montagnes fréquentes et multipliées a rechercher, si nous pourrions trouver quelq’indication d’un sejour des eaux sur ces hauteurs ; mais toujours sans succès, quoique nos travaux embrassoient un espace de plus de 90 lieux de longueur, depuis quelques lieux au Nord de l’Équateur jusqu’au Sud de la ville de Cuenca. Cette circonstance imprevuë nous faisoit naître l’idée, qu’elle pourroit être particulière a tout, ce pays élevé, qui s’étend sur 60 degrés d’etendue depuis le détroit de Magellan jusqu’à l’isthme de Panama. La decouverte des coquilles de Guanca-Velica a detruite cette erreur.

Mais ces mêmes coquilles sont devenues un vrai flambeau, pour la détermination des formations de ces régions, depuis que les recherches et les relations de Mr de Humboldt ont developpées avec la plus grande clarté la nature de ces montagnes et les rapports des roches, dont elles sont composées. Car il a non seulement recueilli lui même, mais il a encore reçu ces coquilles et de la plus grande beauté, d’un grand nombre d’endroits ; de manière qu’elles peuvent etre caracterisées tres exactement, et qu’elles prouvent en même tems une identité de formation sur une etendue immense de la chaine des Andes.

Effectivement, elles apartiennent toutes à la section des Peignes, que Mr Drouot a separée en genre particulier sous le nom de Neithea (Mém. de la soc. Linnéenne de Paris 1824. 183. Bronn Lethaea 679.), ou une des valves est extremement bombée, et a crochet fort saillant sur le bord cardinal, l’autre toute plate ou même concave, section, qui toute entière est particulière a la formation de la craie, même en Amérique, ou le Pecten quinquecostatus de cette section, se trouve tout le long de la formation crayeuse, depuis le New Yersey jusqu’à la province d’Alabama et du Missouri (S. G. Morton Synopsis of the organic remains of the cretaceous group of the United states. Phil. 1834.). Il y aura donc la plus grande vraisemblance et presque certitude, que les for-mations secondaires des Andes doivent etre rangées parmi celles de la craie, et on n’aura droit d’abandonner cette opinion, que lorsque des faits sans replique demontrent la nature et les particularités d’une formation differente. Or, la collection de Mr de Humboldt et ses observations prouvent, a ce qu’il paroit, que de tels fait n’existent pas et font voir, que dans les montagne des