Page:Pailleron - Amours et Haines, 1869.djvu/202

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JAMAIS.


Donc, nous aurons passé, l’un à l’autre inconnu,
Raillant l’amour d’autrui pour mieux cacher le nôtre,
L’un et l’autre muets, attendant, l’un et l’autre,
L’aveu pénible et doux qui n’est jamais venu.

Pourtant nous nous aimions. — Sous ces paroles lentes
Qui tombaient une à une, à regret et si bas,
Que d’autres se pressaient à nos lèvres tremblantes,
Et comme nous parlions… quand nous ne parlions pas !