Page:Papineau - Discours à l'assemblée du marché Bonsecours, paru dans Le Canadien, du 21 avril au 8 mai 1848.djvu/27

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Une si faible nationalité a résisté à la rage impitoyable d’une pareille tentative d’extirpation ! Qu’ils sont niais et petits, ceux qui, à cette heure, complotent l’extirpation de la nôtre !

Dans la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, le même phénomène s’est reproduit. Cachées dans les bois, sauvées de l’extermination qu’avait décrétée la politique anglaise, par l’humanité des sauvages, quelques familles, après des années de vie commune et la même, que celle des bons Abénakis, se sont à tout risque hasardées à reparaître au milieu de ceux qu’elles avaient bien raison d’appeler méchants ; pour se réunir en hameaux devenus nombreux et florissants, où elles ont recommencé la vie primitive Acadienne, modèle parfait de moralité, mais dans la déplorable condition que leur a faite la persécution, elle ne fait que renaître depuis peu à l’industrie et à la bonne culture pratique.

La dispersion des Acadiens ! Ce crime politique, le plus brutal de ceux du 18e siècle, fut enfanté dans le cerveau, et dans le fiel, d’un homme de génie gigantesque ; aussi audacieux dans le mal que dans le bien ; qui a donné à l’histoire d’Angleterre, plusieurs de ses pages les plus honorables, et celle-ci, de l’expulsion des Acadiens, déshonorable pour toujours à son pays et à sa mémoire, le Premier Pitt, lord Chatham.

La réunion des Canadas, conception mesquine sans viabilité, avorton maladif, enfanté, par ce qu’il y avait d’intégrité politique, ce n’est pas gros ; par ce qu’il y avait de génie, ce n’est pas grand ; dans les comités soi-disant constitutionnels, dans nos deux villes : dans M. Ellice,