Page:Paris, Paulin - Lettre au traducteur de Fiéramosca sur les romans du Moyen-âge.djvu/11

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les beaux esprits du temps, les Chartier, les Christine de Pisan, les Machaut et les Deschamps volent de leurs propres ailes ; à peine s’ils connaissent, même de nom, les grandes et belles compositions du XIIIe siècle.

Oubliés dans leur première patrie, les romans chevaleresques allèrent demander à l’Italie un asile qu’on s’empressa de leur accorder. Bientôt apparurent, dans la langue de si, les Roland, les Charlemagne, les Tristan, les Ogier, les Renaud de Montauban, les Artus et tous ces beaux types qui devaient la naissance à la langue d’Oïl : ainsi, les récits qui, cent ans auparavant, avaient charmé la France, charmèrent les peuples de l’Italie à leur tour.

La première imitation italienne de nos romans et de nos poëmes français, semble être les Reali di Francia, c’est-à-dire, les Royaux ou les barons de France. C’est une grande compilation des aventures chevaleresques contenues dans les vieilles chansons de gestes de Renaud de Montauban, des enfances de Charlemagne, de Berthe aux grands pieds et d’Ogier le Danois.

Les Reali donnèrent l’éveil aux versificateurs ; dès le temps de Boccace, il y avait de grands poëmes sérieux sur les faits d’armes de nos