Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/132

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
127
D’ARIMATHIE.

d’enlever celle des pécheurs qui se confesseront à eux[1]. »

Ce fut dans cette maison de Simon que les Juifs vinrent prendre Notre-Seigneur. Judas en le baisant leur dit : « Tenez-le bien, car il est merveilleusement fort. » Jésus fut emmené ; les disciples se dispersèrent. Sur la table était un vase où le Christ avait fait son sacrement[2]. Un Juif l’aperçut, le prit et l’emporta dans l’hôtel de Pilate, où l’on avait

  1. Passage remarquable qui semble répondre au développement de l’axiome : Fais ce que je dis, non ce que je fais. On voit ici que Robert de Boron n’hésite pas à regarder Pierre comme le chef de l’Église. On ne retrouvera plus cela dans le Saint-Graal.
  2. Séans ot un vessel mout grant,
    Où Crist faiseit son sacrement.

    Il serait naturel d’entendre par ce mot sacrement l’institution de l’Eucharistie. Cependant l’auteur semble plutôt désigner ici le bassin dans lequel Jésus-Christ avait lavé ses mains en rendant grâces après le repas. Il y aurait alors une méprise du copiste, qui aurait mis sacrement au lieu de lavement. On sait que saint Jean est le seul qui ait parlé du lavement des pieds, et qu’il n’a rien dit de l’Eucharistie. C’est peut-être parce que les inventeurs de la légende du Graal connaissaient seulement l’Évangile de saint Jean, qu’ils conçurent l’idée d’un vase eucharistique qui donnait cette autre explication de la présence réelle, dans le sacrifice de la messe.